Un pumptrack (ou « pump track ») est une piste en boucle fermée, faite d’une succession de bosses et de virages relevés, que l’on parcourt sans pédaler : on avance uniquement en « pompant », c’est-à-dire en fléchissant et en tendant bras et jambes au rythme du relief. Le mot vient de l’anglais to pump (pomper) et track (piste). Le plus souvent en enrobé et en accès libre, un pumptrack accueille BMX, VTT, trottinettes, skates, rollers et draisiennes, dès 2-3 ans.
En quelques années, ces pistes sont apparues dans des centaines de communes françaises. Voici ce qu’il faut savoir : comment ça fonctionne, à quoi ça ressemble, qui peut y rouler et avec quoi, et quelles règles y respecter.
Sommaire
TogglePumptrack : la définition en détail
La Fédération française de cyclisme décrit le pumptrack comme une piste de bosses, généralement bitumée, qui permet, par des séries de compressions et d’extensions des bras et des jambes (le « pompage »), de prendre de la vitesse sans donner un coup de pédale. Trois éléments le caractérisent :
- une boucle fermée : on peut enchaîner les tours sans s’arrêter, souvent dans les deux sens ;
- des bosses arrondies (les « whoops » ou « rollers »), qui servent à générer de la vitesse ;
- des virages relevés (les « berms »), qui permettent de tourner sans freiner.
On écrit indifféremment « pumptrack » ou « pump track », et on dit un ou une pumptrack : l’usage n’est pas fixé.
Comment ça marche : le principe du pumping
Le pumptrack repose sur un principe simple : on gagne de la vitesse en « poussant » le vélo dans les descentes de bosses et en s’allégeant dans les montées.
- En montant la bosse, tu laisses le vélo remonter vers toi : bras et jambes se fléchissent, tu t’allèges.
- En descendant la bosse, tu pousses fort sur le guidon et les pédales : bras et jambes se tendent, et cette poussée se transforme en vitesse.
- Dans les virages relevés, tu appuies de la même façon au creux de la courbe pour ressortir plus vite que tu n’es entré.
Bien exécuté, ce mouvement suffit à faire des tours complets sans jamais pédaler. C’est un excellent exercice de gainage et de pilotage, utile dans toutes les disciplines du vélo. La technique complète est expliquée dans notre guide BMX et pumptrack : comment pomper et progresser sans pédaler.
D’où vient le pumptrack ?
Le principe du pompage vient des pistes de BMX en terre, où les pilotes enroulent les bosses pour gagner du temps depuis les années 1970-1980. Le pumptrack moderne, pensé comme une boucle que l’on parcourt sans pédaler, apparaît au début des années 2000 : on en attribue généralement la paternité au descendeur américain Steve Wentz, qui en aurait construit un dès 2004 à Boulder, dans le Colorado. D’abord creusés en terre dans des jardins et des bike parks, les pumptracks se sont généralisés avec l’arrivée des pistes en enrobé, durables et utilisables par tous les engins à roulettes. En France, les premières installations publiques datent du début des années 2010 et le mouvement s’est accéléré à partir de 2015.
À quoi ressemble un pumptrack ? Dimensions et tracé
Il n’existe pas de format unique. Un petit pumptrack de quartier pour enfants tient sur 150 à 300 m², une piste publique classique occupe 500 à 1 000 m², et les grands équipements dépassent 1 000 m². La FFC recommande, pour un équipement complet, 1 800 à 2 000 m² offrant 250 à 300 mètres de tracé, répartis en deux à quatre circuits de niveaux différents, repérés par des couleurs comme les pistes de ski (du vert au noir), le circuit des débutants étant séparé des autres.
La hauteur des bosses va d’une vingtaine de centimètres sur les pistes pour enfants à 50-80 cm sur les tracés experts, avec des virages relevés plus ou moins inclinés. À titre d’exemple, le pumptrack de Combloux, en Haute-Savoie, développe 210 mètres : une boucle rouge de 110 mètres et une boucle bleue de 100 mètres, qui se roulent dans les deux sens.
Enrobé, terre ou modulaire : les trois types de pumptrack
| Type | Avantages | Limites | Pour quels engins ? |
|---|---|---|---|
| Enrobé (ou béton) | Très roulant, durable, peu d’entretien, utilisable presque par tous les temps | Coût de construction élevé, chutes plus abrasives | BMX, VTT, trottinette, skate, roller, draisienne |
| Terre | Peu coûteux, modifiable à volonté, chutes moins dures | Entretien permanent, impraticable après la pluie | Vélos uniquement (BMX, VTT, dirt) |
| Modulaire (composite, bois ou métal) | Posé en quelques jours, déplaçable, idéal pour un événement ou un petit budget | Tracés plus courts et moins variés | Tous les engins à roulettes |
Qui peut rouler sur un pumptrack, et avec quoi ?
C’est la grande force de ces équipements : sur une piste en enrobé, tout ce qui roule sans moteur est en général le bienvenu, sous réserve du règlement local. BMX, VTT, vélos de dirt, trottinettes freestyle, skateboards, longboards, surfskates, rollers, et draisiennes pour les plus petits, qui peuvent découvrir le circuit vert dès 2 ou 3 ans, accompagnés. Certaines pistes sont aussi accessibles aux fauteuils roulants de sport.
La grande majorité des pumptracks publics sont en accès libre et gratuits. Côté vélo, un BMX 20 pouces est l’un des engins les plus efficaces : petit, rigide, sans suspension, il restitue directement chaque poussée. Un VTT semi-rigide ou un vélo de dirt fonctionnent très bien aussi ; un tout-suspendu absorbe une partie de l’énergie et demande plus d’effort.
Les règles à respecter sur un pumptrack
Chaque piste affiche son propre règlement, à lire avant de s’élancer. On y retrouve presque toujours les mêmes principes :
- port du casque obligatoire ou fortement recommandé, gants et protections conseillés ;
- un sens de circulation à respecter lorsque la piste est fréquentée ;
- ne jamais stationner sur la piste ni la traverser à pied : on attend son tour à l’extérieur ;
- priorité au rider déjà engagé, et distances de sécurité entre deux pratiquants ;
- adapter sa vitesse à la fréquentation, surtout en présence de jeunes enfants ;
- ne pas rouler sur piste mouillée ou verglacée : l’enrobé devient très glissant ;
- engins motorisés interdits, mineurs sous la responsabilité de leurs parents.
Depuis novembre 2021, un référentiel AFNOR (SPEC S52-113) encadre la conception des pumptracks et prévoit notamment l’affichage d’un règlement d’utilisation.
Combien y a-t-il de pumptracks en France ?
Il n’existe pas de chiffre officiel, mais les recensements réalisés par des passionnés en comptent plusieurs centaines, et il s’en construit chaque année de nouveaux, y compris dans de petites communes. Pour trouver le plus proche de chez toi, utilise notre carte des pistes, pumptracks et clubs de BMX, qui s’appuie sur le recensement national des équipements sportifs et se consulte par région et par département.
Le pumptrack en compétition
Le pumptrack a son championnat du monde officiel : les Velosolutions UCI Pump Track World Championships, organisés par le constructeur de pistes Velosolutions avec l’Union cycliste internationale. Après une première édition officieuse en 2018, l’UCI attribue des maillots arc-en-ciel depuis 2019. Le format est simple : des manches qualificatives ouvertes aux amateurs comme aux pros dans de nombreux pays, en BMX ou en VTT, puis une finale mondiale, disputée sous forme de duels et de tours chronométrés. L’édition 2026 compte 23 manches qualificatives dans 19 pays, avec une finale programmée le 17 octobre à Pékin.
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’un pumptrack ?
C’est une piste en boucle composée de bosses et de virages relevés, conçue pour être parcourue sans pédaler, grâce à un mouvement de pompage des bras et des jambes.
Pourquoi appelle-t-on cela un « pump » track ?
Parce que l’on avance en « pompant » : to pump signifie pomper en anglais, et track veut dire piste.
À partir de quel âge peut-on aller sur un pumptrack ?
Dès 2 ou 3 ans en draisienne, sur le circuit débutant et sous la surveillance d’un adulte. Vérifie le règlement affiché : certaines pistes fixent un âge minimum ou réservent des créneaux aux plus jeunes.
Faut-il un vélo spécial pour faire du pumptrack ?
Non. Un BMX, un VTT semi-rigide ou un vélo de dirt conviennent parfaitement, de même qu’une trottinette ou un skate sur les pistes en enrobé. L’important est d’avoir un engin en bon état et un casque.
Le pumptrack est-il dangereux ?
Pas plus qu’un skatepark, à condition de porter un casque, de commencer par le circuit le plus facile et de respecter le sens de circulation. Les chutes sur enrobé sont abrasives : gants, genouillères et coudières sont utiles, surtout pour les enfants.
Quelle est la différence entre un pumptrack et une piste de BMX ?
Une piste de BMX Race est un parcours de 300 à 400 mètres avec butte de départ, grille et grosses bosses, prévu pour des courses à huit pilotes ; elle est le plus souvent gérée par un club. Un pumptrack est une boucle plus courte et moins haute, sans départ ni arrivée, généralement en accès libre.



